|
LA F.S.G.T. EN ALSACE. — SON HISTOIRE
|
|
|
La naissance du sport travailliste en Alsace débute avec notre siècle. A l'époque L'Alsace et la Lorraine étaient détachées de la France. Nos provinces étaient retombées dans le giron de l'Allemagne Impériale , à la suite de l'issue tragique de la guerre franco-allemande de 1870/71. |
|
|
En cette fin de 19ème et au début du 20ème siècle, l’industrie connaissait un essor fulgurant. Mais cette révolution industrielle s’accompagne hélas aussi de conditions de vie et de travail déplorables pour les travailleurs. La journée de travail atteignait 12 à 14 heures, les salaires étaient sans commune mesure avec les besoins des familles ouvrières. Le repos hebdomadaire n’était pas garanti. Les congés payés étaient du domaine du rêve. Quant à l’éducation physique et à la pratique sportive, elles étaient réservées à une élite, la classe dominante. Hormis la gymnastique qui avait un caractère de préparation militaire, le sport était inaccessible au monde du travail.
|
|
C’est en 1889 en AIIemagne (en 1907 seulement en France) que des militants avertis du Parti socialiste, des syndicats ouvriers et du mouvement des coopérateurs décidaient de créer des sociétés ouvrières non seulement réservées aux travailleurs, mais encore dirigées par eux. La raison du sport ouvrier (c’est ainsi qu’on l’appelait à l’époque) était de permettre aux travailleurs la pratique des activités gymniques et sportives en dehors du paternalisme et du militarisme ambiants.

Deux dates allaient marquer I’embryonnaire sport ouvrier dans nos provinces frontalières:
1889-1907 — C’est pendant cette période qu’étaient jetées les bases du sport ouvrier an Alsace-Lorraine. C’est aux environs de 1904 que l’idée de créer des sociétés ouvrières de gymnastique a réellement percé dans notre région. La première était fondée en 1902 à Strasbourg « le Arbeiterturverein Vorwàrts Strasbourg» plus connu aujourd’hui sous le nom de Avenir Strasbourg.
D’autres ont vu le jour par la suite. Les fondateurs ont eu la bonne idée de ne pas se limiter à la gymnastique. L’athlétisme, la natation, le handball, la balle au poing, le football, la lutte, l’haltérophilie et les activités de pleine nature prenaient leur essor.
Toutes ces sociétés étaient affiliés au Deutscher Arbeiterturn et Sportbund fondé en 1892. Il réunissait alors 7041 sociétés ouvrières comptant ensemble 564376 adhérents. Malgré toutes les embûches, le sport ouvrier devait connaître dans notre région un essor particulier. Mais la première guerre mondiale (1914-18) devait y mettre fin brutalement. Les hostilités terminées, il fallait tout recommencer. Dès 1919, quelques survivants entreprenaient de reconstruire le mouvement sportif ouvrier. Chaque discipline sportive s’organisait différemment. Les différents groupements (Verband) adhéraient à la Fédération Sportive du Travail (FST) d’Alsace et de Lorraine qui s‘était constituée au lendemain de la première guerre mondiale.
Le 29 juin 1919 se tenait à Paris le congrès de la «Fédération Socialiste des Sports et de Gymnastique» (FSSG) en présence d’un représentant de la région Alsace-Lorraine. Le mouvement sportif ouvrier changeait d’appellation au terme de ce congrès. La Fédération Sportive du Travail (FST) était née; le mouvement restait sous la dépendance du parti socialiste, des syndicats et du mouvement des coopérateurs. Cette dépendance était pourtant Inconnue dans nos régions. Néanmoins, la proposition de notre représentant d’organiser le mouvement par disciplines sportives était acceptée. Nos relations avec la fédération à Paris n’étaient guère suivies en raison de grandes difficultés
linguistiques. Ainsi le mouvement sportif ouvrier a-t’il fait cavalier seul en Alsace et en Moselle.
C’est en 1923 que le sport travailliste connu sur le plan national une scission préjudiciable à son essor. Des militants sportifs socialistes quittèrent la FST pour fonder l’Union des Sociétés Sportives et Gymniques du Travail (USSGT). Durant 11 années cette scission ne profita qu’aux gens du pouvoir.
Unie dans la lutte pour la paix et contre le fascisme, les deux organisations se retrouvèrent fréquemment côte à côte.
Le 3 octobre 1934 le Conseil National de l’USSGT considérant que l’absence d’unité morale et organique entre les éléments de la jeunesse sportive ouvrière n‘est profitable qu'a ses adversaires, que la jeunesse sportive ouvrière ne pourra réaliser ses objectifs que par une unité d’action sans cesse accrue, décide de faire siennes la déclaration et les conclusions présentées par la commission administrative en réponse aux propositions faites par la FST. La réunification des deux fédérations se fera à Noël 1934 avec la création de la F.S.G.T. Il ne s’agit plus de réunir les seuls sportifs ouvriers opposés au sport bourgeois, mais de s’unir au-delà des sportifs ouvriers pour s’opposer au fascisme et défendre les droits de l’individu, lutter contre les inégalités, défendre l’humanisme et la démocratie dans le sport. C’est à cette époque que prend naissance l’expression «sport Populaire ». Depuis cette date, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et maintes fois la F.S.G.T. a du s’adapter à des situations différentes et à la transformation de la société. Ainsi de 1952 à 1962 elle se voyait refuser toutes subventions gouvernementales. Depuis les années 1970, elle s’est démarquée du mouvement politique.